Scènes intérieures
Avec Scènes intérieures, je prolonge un cycle autour de la matière périssable, désormais clos. Après avoir exploré la décomposition florale dans un travail collaboratif avec le vivant, je recentre sa pratique sur ce qui subsiste une fois la matière disparue : les contenants.
Vases, bols, tasses, flacons — objets familiers, modestes, quotidiens — se détachent de leur fonction pour devenir les figures principales de compositions silencieuses. Dessinés, transférés, recomposés, ils s’agencent avec rigueur et sensibilité. Le passage d’un papier à un autre, via la presse, introduit un ressassement plastique. Les objets sont dépouillés de toute fonction, réduits à leurs formes et à leurs rapports. Ils passent de l’échelle du corps à celle du regard, ne contenant rien d’autre que l’espace et le temps de leur contemplation.C’est précisément cette vacance qui en révèle la présence. Le vide agit comme surface de projection, suggérant absence et possible. La série dialogue avec l’histoire de la peinture, notamment avec Paul Cézanne, dont trois compositions reprennent, par transfert, ses fameuses pommes. Dans Scènes intérieures, la répétition devient langage, le banal se fait poétique, le vide s’impose comme force.
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