Composition en décomposition
Depuis plusieurs années, je collecte les déchets de l’industrie horticole : des restes et résidus voués à la décomposition. Ces cueillettes aléatoires, dépendantes des saisons ou des surplus, façonnent un rapport singulier à la contrainte, qui nourrit ma démarche.
À cette matière vivante et périssable, j’ai répondu par l’élaboration de protocoles. L’un d’eux, devenu rituel, consiste à composer un bouquet, uniquement composé de fleurs récupérées. Je les laisse évoluer, faner. Deux à trois semaines plus tard, une nouvelle forme émerge altérée et transformée. Je photographie ces étapes, capturant les métamorphoses lentes de la matière. Ces images ne sont qu’un point de passage : je les prolonge par le dessin, à travers l’estampe : monotype, gravure, transfert. Entre apparition et effacement, le cycle de décomposition rejoint ici celui de l’impression. Cette recherche interroge ce que l’image peut retenir du vivant, non pour l’archiver, mais pour en accompagner la disparition. Une écriture lente de la transformation, où le geste artistique devient témoin d’un monde qui se défait autant qu’il se recrée.
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Les bouquets décomposés – photographie – 2025

Celles qui restent – transfert pigmentaire – 2024



Hommage – monotype – 2023-24


L’ombre d’un geste – installation – 2024



