TEXTES

Celine,
A travers ta pratique, tu interroges les dualismes de notre société et les traduis notamment par un travail sériel. Tu explores alors les thèmes de Humain/ Non humain, Intime/ Social, Nature/ Culture.
La nature bien sûr occupe une place importante de tes préoccupations. Tu vas donc régulièrement chercher son contact. L’exploration te permet de t’imprégner du territoire et la pratique de la marche t’oblige à ralentir et à adopter une certaine lenteur qui te laisse l’occasion d’être attentive aux détails et au rythme de l’environnement que tu traverses.
Ton travail s’oriente de manière naturelle vers le lien qui existe entre l’humain et la nature. Tu passes alors de la photographie, à la représentation pour finalement t’intéresser à la matière végétale et ce qui la compose comme sujet et outil.
Tu détournes alors le végétal pour en prendre l’empreinte, la couleur; les pétales et les branches deviennent les pinceaux de tes créations. Cette matière vivante, éphémère et précieuse est utilisée, épuisée dans sa totalité de manière à ne rien en jeter et à tout en garder.
Dans cette démarche d’économie et de respect de la matière, tu vas chercher à favoriser des partenariats avec fleuristes ou horticulteurs de façon à récupérer des rebus végétaux et leur offrir une seconde chance d’être mis en valeur.
Laëtitia Sigogne, 2022


Artiste plasticienne, Celine_A mène des recherches autour de la notion de réseau.
À partir d’éléments végétaux, elle crée des espaces de ramification organique. À l’encre sur le papier, les traces de pétales s’incrustent et se démultiplient. Les motifs de la fleur ou de la branche s’oublient dans leur profusion.
Elle s’intéresse, en effet, à la sensation dégagée par l’éparpillement de ces lignes, une sorte d’ambivalence entre la fragilité et la vitalité.
Ces formes diffuses renvoient à toute vie cellulaire, de la plante à l’animal en passant par l’homme.
Elle se passionne pour les réflexions qui entourent la place de la plante dans l’environnement humain, nourrie par les pensées d’Emmanuele Coccia (philosophe) et de Marco Martella (jardinier et écrivain). La coexistence des règnes sans hiérarchie aucune l’amène à développer sa recherche de plus en plus sur le minéral.
La majorité de son travail est pensée de manière sérielle. Les trois principales : [In]sensible, [In]variable, [In]visible présentent chacune un intérêt pour une matière spécifique. Les fleurs, les arbres et la dentelle sont ainsi utilisés réciproquement à travers les pétales même, l’accumulation de données photographiques de branchages en hiver ou encore la collecte de fragment de dentelle.
Elle peint principalement sur de nombreuses surfaces, allant du papier aux murs en utilisant diverses matières (encre, acrylique, huile). De plus, la récolte de matériaux bruts, « naturels » est primordiale car comme outil ou comme fin, ils amorcent une pensée.
Les mots l’importent, les titres de ses séries présentent souvent la rencontre entre un constat et une subjectivité.
Juliette Bonhoure, 2020


Des feuilles ou de belles fleurs peuvent être laissées à l’abandon et finir dans un coin de poubelle. Quelle erreur !
Des branches de romarin séchées dans les mains de Céline deviennent des pinceaux. De belles fleurs aux pétales blanches, rouges, jaunes sont des outils pour accéder à une multitude de traces qui virevoltent et laissent sur le papier cette sensation douce de poésie. Que veut dire le vent dans ces points tracés, que veut dire cette multitude de traits inachevés ? Il faut se laisser emporter, imaginer, sourire, s’imprégner de la sensation de légèreté. L’on voudrait se promener sous les branches qui pendent et que le souvenir de la brise dans le saule pleureur nous emporte dans notre enfance.
Mémoires activées, douces poésies ! Traces silencieuses qui empruntent le chemin de nos imaginaires et laissent courir dans nos cœurs l’impression de la sérénité.
Isabelle Dükü Balestrieri, 2019